L’illusion du mérite
« Quand on veut, on peut. »
C’est court, ça rime, et ça donne bonne conscience.
On peut l’afficher sur une tasse, l’écrire sur une bio LinkedIn, ou le lancer en séminaire RH entre deux pauses café.
Le message est clair : tout dépend de la « volonté ».
Pas des circonstances. Pas de l’environnement. Encore moins de la santé, du réseau, ou de ce petit détail de taille : le contexte “familial ou social”.
Juste de la motivation et tout « roule » nickel chrome.
Et si ça ne marche pas ? C’est qu’on ne voulait pas vraiment. Ou pas assez fort.
Pratique.
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Les prédispositions invisibles
Il y a pourtant des éléments qu’on oublie dans cette équation.
La santé et l’énergie contenue dans un corps et un mental qui tiennent la route.
Des gens aimants, qui soutiennent au lieu d’affaiblir.
Un minimum de sécurité financière, juste de quoi respirer.
Quelques appuis solides : des contacts qui connaissent les bonnes portes, ou les bons moments pour les ouvrir.
Un banquier qui ne fait pas semblant d’écouter.
Sans ça, même la meilleure volonté s’écrase sur le bitume.
Quand tous ces éléments sont en place, la volonté peut déployer ses ailes.
Sinon, elle rame. Avec des palmes trouées.
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Le mot d’ordre « Réussir »
« Quand on veut, on peut » n’est pas qu’un slogan.
C’est un mot d’ordre sourd, qui pousse à réussir. À produire quelque chose de visible.
Mais on ne voit jamais les coulisses.
On ne parle pas de ceux qui avancent seuls, sans appui, sans réseau, sans relais.
Ceux qui sur-adaptent, compensent, encaissent et finissent par s’effondrer, en s’excusant d’avoir failli.
Dans cette logique, toute fragilité devient une honte. Toute pause, une faiblesse.
Et toute réussite, une preuve que “c’est quand même possible — quand on veut”.
Même si le prix payé, lui, reste invisible.
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La réalité ne rentre pas dans un slogan
Dire que la volonté ne suffit pas, ce n’est pas nier l’effort.
C’est redonner place à tout ce qui permet de tenir : l’environnement, les appuis, les autres, les coups pouces et un soupçon de chance…
C’est reconnaître que certaines trajectoires ne sont pas des parcours de réussite… mais de résistance.
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Conclusion
La vérité, c’est que certains avancent sans rien. Pas parce qu’ils le veulent.
Mais parce qu’ils n’ont pas le choix. Parce qu’ils contournent, bricolent, s’épuisent.
Et qu’à force de volonté, ils arrivent à s’en sortir. À moitié.
Attention : ceci n’est pas un modèle.
C’est une instabilité en mode “présentable”.
Alors si un jour, quelque chose se donne,
ce ne sera pas une victoire.
Ce sera un répit.
Juste un regard posé, pour respirer, pour souffler. — Cathy Conciatori
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Crédit photo : image générée par l’intelligence artificielle
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