« Dans des temps de tromperie universelle, dire la vérité devient un acte révolutionnaire. »
— George Orwell
Dire la vérité : ajuster son noeud coulant
Dans un monde où l’information coule en flux continu, on pourrait croire
que la vérité finit toujours par triompher.
Erreur fatale.
Dire la vérité, surtout quand elle dérange les puissants, c’est jouer
à la roulette russe avec toutes les balles dans le barillet.
Les lanceurs d’alerte le savent : mettre en lumière un secret d’État,
c’est signer un pacte avec l’hostilité.
Assange : la vérité en cellule
Julian Assange n’a pas volé d’argent, pas incendié de bâtiment,
pas mis en danger des civils.
Son crime ? Avoir ouvert le coffre-fort des secrets d’Etat.
Résultat : accusations, désinformation massive, campagnes
de discrédit, procédures judiciaires interminables.
Un manuel parfait de ce que fait le pouvoir quand il se sent exposé.
La répression sous cachet légal
Quand la vérité dérange, le pouvoir ne frappe pas toujours
à coups de matraque.
Il préfère un arsenal plus raffiné : lois sur mesure, procédures
interminables, inculpations en cascade.
Tout cela au nom de la Raison d’État, cette formule magique qui permet
de piétiner les principes qu’on prétend défendre : justice équitable,
transparence, respect des droits fondamentaux.
Le but n’est pas seulement de punir. Il est d’user. Lentement.
Jusqu’à ce que la cible s’effondre… ou accepte
de plaider coupable pour un crime qu’elle n’a pas commis.
Ce qui fait trembler les gouvernements
C’est la transparence.
C’est la démocratie vivante.
C’est la responsabilité réelle.
Et surtout… la perspective de perdre le pouvoir.
Car une vérité lâchée dans le monde, c’est comme du sang dans l’eau.
Impossible de la reprendre : elle attire les regards, les questions, les comptes à rendre.
Alors, ils étouffent. Ils maquillent. Ils écrasent.
Mieux vaut broyer un individu que laisser vaciller l’édifice.
Un peuple bien informé est un peuple difficile à manipuler.
Et ça, aucun gouvernement ne le dira à voix haute.
Liberté d’expression… à double tranchant
L’État proclame que la liberté d’expression est un pilier de la démocratie.
En théorie, oui.
En pratique, ce pilier s’effrite dès qu’il menace les fondations du pouvoir.
Dire la vérité peut alors coûter un travail, une réputation, une liberté… parfois même la vie.
Assange : ses mots
Le 1er octobre 2024, devant l’Assemblée parlementaire du Conseil de
l’Europe à Strasbourg, Julian Assange a résumé sa situation
comme suit :
« Je ne suis pas libre aujourd’hui parce que le système a fonctionné.
Je suis libre aujourd’hui parce que j’ai plaidé coupable de journalisme,
j’ai plaidé coupable d’avoir réclamé de l’information auprès d’une source.
J’ai fini par choisir la liberté plutôt qu’une justice inatteignable. »
La vérité deux vitesses qui conclue
Le peuple doit obéir aux lois, respecter les règles, payer ses impôts,
ne pas mentir à l’administration et chanter
l’hymne national sans fausse note.
L’État, lui, se réserve le droit de contourner ses propres
principes dès que cela sert sa cause.
Faites ce que je dis, pas ce que je fais.
Et à bon entendeur.
Juste un regard posé, pour respirer, pour souffler. — Cathy Conciatori
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Crédit photo : image générée par l’intelligence artificielle
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