Être Suisse, ce n’est pas toujours l’étoile qui scintille au firmament.
On ne fait pas de vagues. On ne s’étale pas.
On préfère la discrétion au drapeau brandi, la ponctualité à la déclaration
solennelle.
Et pourtant.

Il y a des jours où ça remue, doucement dans le coeur.
Pas de drapeau dans le vent, ni de slogans enflammés.
Mais une chaleur feutrée.
Comme un vieux poêle à bois qui tient la nuit debout.

Une Suisse, un patchwork
Chez nous, on parle quatre langues.
Mais parfois, on se regarde sans se comprendre.
Le Tessin rêve d’Italie, Genève d’international, Zurich de performance, et les
Valaisans… qu’on les laisser tranquilles.
Et pourtant, on se retrouve autour d’un Cervelas, d’une Fête des Vignerons ou
d’un référendum.

Un pays cousu de cantons, d’accents, de mentalités.
Un patchwork bancal qui tient.
À sa façon.

Une démocratie à la main levée
Ici, voter est presque un devoir sacré.
On peut dire oui, non, et même « on verra ».
On peut changer d’avis, protester dans les urnes, ou refuser une loi mal ficelée.
Ce n’est pas toujours rapide, ni révolutionnaire, mais c’est à nous.
C’est ça aussi, la Suisse : un pays où le citoyen a voix au chapitre.

Une innovation planquée sur le capot
La Suisse ? Une histoire de chocolat et de banques, paraît-il.
Mais on oublie Franke, dans toutes les cuisines des McDo du monde.
On oublie Schindler, qui monte et descend plus vite que nos émotions.
On oublie le Gothard, qui transperce les Alpes comme un ver géant.

Ici, on fabrique discret.
On exporte du solide.
En silence… et jamais après 20h30.

Les trains arrivent (presque) à l’heure
Il fut un temps où nos trains étaient l’exemple mondial.Des horaires à la minute, une symphonie de précision.
Aujourd’hui, c’est un peu plus… freestyle.
Parfois, on arrive à destination avec 12 minutes de retard et une excuse en trois
langues.
Mais bon, on vous dépose quand même au pied des sommets.
Les derniers mètres ? À pied, avec votre dignité en bandoulière.

Un pays qui s’est construit dans la diversité
Ce pays-là n’est pas qu’un pré carré alpin.
Il s’est construit avec les bras venus d’ailleurs.
Avec les Italiens du bâtiment, les Espagnols des ateliers, les Kosovars, les
Portugais, les Albanais…
Et bien d’autres encore.
À force de migrations, d’adaptations, de tolérance pragmatique.
L’inclusion, ici, n’est pas un concept : c’est un levier.

Alors oui, je célèbre
Je célèbre ce pays qui, parfois, m’agace par son obsession du « travail », ses
caisses maladie à augmentation compulsive…
Mais qui me touche par son ancrage.
Un pays pas parfait, mais où l’on peut respirer, penser, créer, contester,
et rire de ses voisins sans faire valser les verres.

Pendant longtemps, je n’osais pas sortir mon lampion à croix blanche.
Aujourd’hui, je l’allume.
Pas pour clamer que tout est merveilleux.
Mais pour dire qu’ici, malgré les aspérités, il y a des valeurs.
Des racines.
Et un socle de liberté, taillé dans la roche… et dans la volonté de vivre ensemble.

Bon 1er août à vous toutes et tous.

 

Juste un regard posé, pour respirer, pour souffler. — Cathy Conciatori

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Crédit photo : image personnelle Cathy Conciatori

 

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