Et si le passé n’était pas toujours synonyme d’obscurité ? Et si certaines sociétés dites « anciennes » avaient su tisser des équilibres sociaux, spirituels et juridiques que nous avons aujourd’hui oubliés ? 

C’est la question que soulève avec brio la série de romans policiers historiques de « Peter Tremayne » consacrée à son héroïne « Sœur Fidelma », religieuse et juge dans l’Irlande du VIIe siècle. Loin d’un simple divertissement, cette héroïne flamboyante, libre penseuse et fine juriste, nous ouvre une fenêtre sur un pan méconnu de l’histoire européenne.

Un âge où les femmes rendaient la justice
Contrairement aux idées reçues, les femmes celtes de haute naissance en Irlande disposaient d’un statut juridique étonnamment avancé pour l’époque : elles pouvaient hériter, divorcer, posséder des terres, exercer des fonctions d’enseignement, de médecine… ou de justice. Certaines devinrent même « Brehons », gardiennes et interprètes des lois ancestrales.

Fidelma, personnage fictif mais plausible, incarne cette « figure d’autorité féminine » qui tranche des litiges, débat en public, et remet en question la hiérarchie ecclésiale — sans jamais trahir sa foi.

Quand christianisme et druidisme se parlaient

Ce qui fascine aussi, c’est le dialogue entre les traditions spirituelles. Dans cette Irlande de transition, le christianisme ne s’est pas imposé dans la violence, mais s’est mêlé à la sagesse celtique. Certains moines étaient d’anciens druides. Les monastères accueillaient des femmes instruites, parfois même mariées. L’Église celtique primitive portait encore l’empreinte d’une vision du monde où la nature, la parole, et l’équilibre des genres avaient toute leur place.

Sœur Fidelma, ancrée dans la foi chrétienne, n’en reste pas moins porteuse de valeurs humanistes. Elle croit en la bonté naturelle de l’être humain, plutôt qu’en l’idée du péché originel. Une posture que l’Église romaine rejettera… mais qui, aujourd’hui, résonne puissamment dans les consciences contemporaines.

Régression ou évolution : rien n’est figé

Ce rappel historique n’a rien de nostalgique. Il n’idéalise pas le passé, mais nous invite à repenser nos repères. L’émancipation des femmes, la cohabitation des visions du monde, la liberté de conscience… ont déjà existé sous des formes inattendues. Leur disparition progressive, sous la pression de certaines institutions ou dogmes n’est pas une fatalité.

Les sociétés évoluent… mais elles peuvent aussi régresser. Et parfois, elles oublient qu’elles avaient déjà trouvé des voies d’harmonie.

Garder espoir, se souvenir, et semer
Alors pourquoi lire « Sœur Fidelma » aujourd’hui ?
Parce que derrière les intrigues se cache un souffle de mémoire vivante. Un rappel que le progrès peut aussi naître de la mémoire : celle d’un monde plus équilibré, plus juste, plus respectueux du vivant et des différences humaines.

Ce n’est pas une utopie : c’est un retour aux sources… pour irriguer l’avenir.

 

Juste un regard posé, pour respirer, pour souffler. — Cathy Conciatori

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Crédit photo : image générée par l’intelligence artificielle

 

À travers Profiling Code, j’aime explorer ces zones où l’histoire éclaire le présent. Sœur Fidelma me rappelle que certaines formes d’intelligence sociale, spirituelle et féminine ont été possibles, et peuvent le redevenir. Le temps n’est pas une ligne droite. C’est un cercle fertile.

 

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