Est-ce que ça vous arrive, à vous aussi ?
D’être épuisé-e sans avoir rien fait de concret.
D’avoir l’impression que votre journée a été aspirée… non pas par les autres, mais par votre propre esprit.

Moi, ça m’arrive souvent.

Et je me suis demandée : est-ce que cela a un nom ? Est-ce que les médecins ou les psys reconnaissent ce phénomène ?

On parle de ruminations, de pensées envahissantes, voire de pensées intrusives dans certains cas. Mais ce que je vis, ce que nous sommes nombreux à vivre, c’est un peu différent. Ce n’est pas forcément anxieux. Ce n’est pas forcément négatif. C’est juste… infini.

 

Le bavardage mental : un cerveau qui ne se tait jamais
Dans ma tête, il y a des histoires.
Beaucoup d’histoires.
Des mondes entiers qui se créent à partir d’un simple mot entendu à la radio. Un matin, par exemple, j’ai capté au vol le mot « corruption ». Il n’en fallait pas plus pour que Carla Del Ponte, ex-procureure du Tribunal pénal international, s’invite dans mon monde intérieur. Un film mental s’est mis en route. Aucun bouton « pause ». J’étais à la fois la scénariste, la spectatrice… et la prisonnière.

Comme quand on cherche une info sur Internet, puis qu’on clique sur un lien, puis un autre, encore un autre… et qu’on ne sait plus du tout d’où on est parti.
Sauf qu’ici, tout se passe dans ma tête. Sans écran. Sans fin.

 

Fatigue mentale sans action réelle : quand penser épuise
Ce bavardage interne n’est pas toujours désagréable.
Il peut même être stimulant, créatif.
Mais il devient problématique quand :

• Il n’y a pas de repos possible.

• Il n’y a pas de direction.

• Il n’y a pas de retour à soi.

On se perd dans des scénarios qui ne nous nourrissent pas toujours.
On peut passer des heures à « vivre » intensément… sans avoir rien fait de concret.
Et en fin de journée, on est épuisé. Sans raison apparente.
Juste… usé de l’intérieur.

 

Pourquoi ce phénomène est-il méconnu ?

Parce que ce n’est pas visible.
Parce que ça ne se soigne pas avec une ordonnance.
Parce que ça peut ressembler à de l’imagination, de la rêverie, ou de la distraction…
…alors que c’est souvent une hyperactivité mentale.

Et dans mon cas – comme chez d’autres personnes neuro atypiques (hypersensibles, autistes, haut potentiel etc.) – c’est un fonctionnement par défaut, pas un choix. Le mental ne s’arrête jamais. Il faut apprendre à vivre avec. À poser des limites, même à ses pensées.

 

Et maintenant ?

J’ai appris, avec le temps, à :
Reconnaître le point de bascule, quand le vagabondage mental devient contre-productif.
Mettre en place des rituels simples pour ramener mon attention dans le corps : respiration, sons, toucher.
Accepter que mon cerveau aime créer, mais que je n’ai pas à le suivre dans tous ses détours.

Le bavardage mental ne s’arrête pas avec un point final.
Mais aujourd’hui, j’en pose un, comme on pose une pierre au bord d’un sentier.
Et que, pour un moment au moins, le calme mental soit.

 

Juste un regard posé, pour respirer, pour souffler. — Cathy Conciatori

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Crédit photo : Engin Akyurt – Source : Pixabay 

 

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