Ce soir, devant mon écran.
L’envie d’écrire est là.
Mais les mots, non.
Le cerveau est plein. Saturé.
Les pensées sont positives.
L’enthousiasme vécu est présent dans la saturation.
Mais pourquoi, ce « trop » ?
La semaine a été belle. Intense. Nouvelle.
Et pourtant. Ce soir, rien ne sort.
C’est ça, l’accumulation invisible.
Lundi. Une nouvelle activité a démarré.
Un endroit connu.
Mais sous un angle différent.
Des ajustements à apprivoiser.
Le rythme. Les tâches.
Une nouvelle collaboration.
La stimulation est immédiate.
Les thèmes abordés nourrissent. Motivent.
Le cerveau s’allume.
Et il reste allumé.
Le soir, de retour chez moi, il tourne encore.
La journée se rejoue. Toute seule.
Est-ce que j’ai bien dit ça ?
Est-ce que j’ai bien fait ça ?
Tout s’est bien passé.
Oui. Tout s’est bien passé.
Mais le cerveau vérifie quand même.
Les jours sans travail arrivent.
Mais le corps ne pose pas vraiment.
Il reste dans le mood.
Le projet tourne encore. Les idées surgissent.
Une réflexion. Une association. Une question.
Pas d’interrupteur.
Et même un livre en main, les pensées reviennent.
Une idée qui remonte. Une pensée qui s’impose.
La récréation ne tient pas.
Tant que les pensées ne sont pas déposées quelque part,
elles occupent l’espace.
Tout l’espace.
Alors la machine tourne.
Elle tourne jusqu’à ce que le corps dise stop.
Un refroidissement. Rien de grave.
Mais le signal est clair.
Même le positif fatigue.
L’accumulation invisible,
ce n’est pas qu’un seul événement.
C’est une somme.
Une somme de stimulations.
De pensées. D’ajustements.
Chacun, pris seul, est minuscule. Anodin.
Même très positif.
Mais le cerveau hyperactif
ne trie pas à la sortie.
Il enregistre tout.
Il analyse tout.
Il garde tout en mémoire active.
Une journée stimulante,
pour la plupart, se referme le soir.
Pour certains, elle continue.
En arrière-plan, dans un silence assourdissant.
Et c’est là tout le problème :
ça ne se voit pas.
Pas de drame.
Pas d’explication visible.
Juste un corps fatigué, un cerveau saturé
et que très peu de personnes,
qui comprenne pourquoi.
Pas de solution miracle.
Mais une piste.
Écrire. Pas pour produire.
Juste pour déposer.
Une idée qui sort de la tête
et se pose sur le papier
prend moins de place dans l’espace mental.
Ce n’est pas magique.
Mais ça libère un peu.
Un peu d’espace.
Un vrai, cette fois.
Alors ce soir, ces lignes.
Juste pour déposer.
Et peut-être que demain,
il restera un peu de place pour autre chose.
Juste un regard posé, pour respirer, pour souffler. — Cathy Conciatori
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Crédit photo : image générée par l’intelligence artificielle
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