« Aujourd’hui, ce ne sont plus les humains qui consomment,
c’est la société qui les consomme. » – (Cathy Conciatori).
L’humain est un objet, une image, possesseur de likes qu’il collecte
comme un gain émotionnel.
Il est un reflet, une vitrine, un avatar à préserver.
Pour exister, il montre, prouve, produit.
Il remplit, occupe, achète, affiche.
Le vide terrorise, alors il entasse.
Le silence hypnotise, alors il scroll.
Le trop rassure.
Mais alors, où est passé l’humain, celui qui est ?
Celui qu’on ne peut pas swiper, liker, rentabiliser ?
👁️ Et si l’humain était devenu le produit d’un monde qu’il a cru domestiquer ?
L’illusion du plein
Les projets sont enfilés comme des perles, les stories comme des pilules.
Il poste, répond, rebondit.
TOUT. Trop vite. Tout le temps.
Rassuré par le « Trop ».
Il fait croire qu’il maîtrise.
Mais à l’intérieur, il étouffe le vide.
L’agenda est rempli, la boîte mail déborde, le chariot en ligne est un cargo.
Il se gave d’activités, d’objets, d’images à digérer.
Mais ça ne nourrit pas. Ça bouche.
Il s’est transformé en machine à produire du “je suis là”.
À chaque instant, il prouve qu’il existe.
Sinon, il disparaît dans le néant du rien.
👁️ Et si ce trop était un pis-aller ?
Un bruit de fond pour éviter la question essentielle :
“Qui suis-je vraiment, là-dedans ?”
L’humain-objet
Il n’est plus “quelqu’un”.
Mais “quelque chose”.
Un CV, une fonction, une photo de profil.
Un score, une étiquette, une cible marketing.
Le burn-out n’est plus une alerte.
C’est une statistique.
Le malaise ?
Un bug à corriger.
On parle de productivité, pas de présence.
De performance, pas de pertinence.
De charge mentale, mais jamais de profondeur.
Il devient ressource.
Puis charge.
Puis coût.
👁️ Et si l’on avait troqué notre humanité… contre un label ISO ?
Le marché de l’identité
Vendre pour ne pas être effacé.
Un profil, une ligne graphique, un ton calibré.
Adapter corps, langage, humeur.
Choisir mots, photos, indignations.
Chaque jour, façonner une version « bankable » de soi.
Juste assez lisse pour passer.
Juste assez vrai pour séduire.
Mais à force de lisser, il gomme.
À force d’ajuster, il s’ampute.
À force d’exister pour plaire, il oublie pourquoi il est-là.
👁️ Et si l’identité était une campagne de com’ ?
Quand la consommation devient culturelle
Il y a des témoignages sincères.
Des partages bruts, utiles, éclairant.
Mais la frontière est mince entre raconter et capitaliser.
Peu à peu, l’intime devient produit.
La souffrance devient stratégie.
L’émotion devient levier.
Il vend ses failles comme on vend un concept.
Il “monétise” la vulnérabilité.
Il “capitalise” l’authenticité.
Tout est matière à séduire, convaincre, exister.
👁️ Et si, même sans le vouloir, l’humain finissait par se vendre en petits morceaux ?
Et l’humain dans tout ça ?
Il a voulu conquérir le monde.
Mais a oublié qu’il fallait d’abord habiter sa propre peau.
Le silence inquiète.
Le manque dérange.
L’ennui alerte.
Alors il comble, meuble, fuit.
Mais derrière l’agitation, il y a un corps qui fatigue.
Un cœur qui bat trop vite.
Un esprit qui cherche un endroit où se poser.
Et si la vraie conquête, c’était de revenir à soi ?
De pouvoir être, sans avoir à briller, performer, produire ?
👁️ Et si ce qu’il cherche au-dehors… était encore vivant dedans ?
Revenir à lui
Et si il osait revenir à lui ?
Pas seulement en surface.
Mais au cœur de ce qui est.
Affronter le vide, le silence,
la peur de ne plus être « utile ».
Revenir au centre,
c’est désapprendre la performance,
refuser de se vendre,
oser vivre son authenticité.
C’est une forme de courage.
Celui d’aller à contre-courant,
de dire non au toujours-plus, à l’image de soi.
D’être présent à sa propre vie, même sans filet de sécurité.
👁️ Et si être vivant était devenu un acte de résistance ?
Conclusion douce-amère
Revenir à soi,
ce n’est pas tourner le dos au monde.
C’est choisir de ne pas se faire emporter par le typhon.
Ne plus mendier l’éclat.
Ne plus courir après les preuves d’exister.
Juste habiter soi-même,
parce que c’est la preuve du vivant.
👁️ Et si l’acte le plus radical,
c’était d’être, sans rien prouver ?
Juste un regard posé, pour respirer, pour souffler. — Cathy Conciatori
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Crédit photo : Image générée par l’intelligence artificielle
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