Sonnerie stridente.
L’esprit se dépatouille pour arriver dans ce corps bien lourd à porter.

« Purée, pourquoi je ne me suis pas réveillée avant le réveil. »
« Avant, cela aurait été mieux. »
« J’aurai eu quelques minutes de plus pour faire… . »
« Pourquoi c’est toujours si lourd, le matin »
« J’espère que je vais arriver à faire tout ce que je voulais avant de partir au job. »
« Allez, arrête de bavasser et va prendre ta douche. »

Douche. L’eau coule. Trop chaude, trop froide.
Le jet tape sur la peau, ça fait presque mal, mais en même temps ça réveille… et ça agresse aussi.

« Allez, dépêche-toi, on a pas que ça à faire… . »
« Combien de temps va me prendre le café, la vaisselle et le choix de mes habits ? »
« Allez, au lieu de réfléchir comme ça, termine ta douche et avance. »

Douche terminée, maintenant le défi de l’armoire.

« Que je déteste de choisir les habits de matin. »
« J’aurai dû faire cela hier soir. »
« Allez, mets un jeans ça fera l’affaire ». 
« Pour le pull, ah! Le joli bleu roi me fait de l’œil. »
« Mais quelle galère, c’est trop serré et ça me gratte ».
« Il faut vraiment que je me débarrasse de ce pull; il est beau mais c’est à chaque fois la même histoire. Je me dis que, d’une fois à l’autre, il deviendrait confortable à porter. ». 
« J’aime vraiment cette couleur, cela m’apaise et j’ai envie de m’y fondre. C’est comme la mer, c’est beau et trop bien. ». 
« Mais ce pull est trop serré… zut, zut, zut et l’heure tourne ». 

Elle met la main sur un pull passe-partout, la valeur sûre. 
Pas beau, mais super confortable. 

Café et vaisselle.

« Pourquoi, je prends toujours autant de temps pour me préparer… mais bon, en s’en fout. »
« J’espère qu’aujourd’hui, le boss ne va pas me casser les pieds avec ses dingueries habituelles. »
« Il est toujours sur mon dos et franchement, je pourrai vraiment m’en passer. »
« Qui sait, il aura des rendez-vous à l’extérieur et ne sera pas là, pour me casser les pieds. »
« Vivement la retraite… . » 
« Qu’est-ce que je ferais si je n’avais plus besoin de travailler ? »
« Encore vingt ans à tirer. » 
« Ne compte pas les jours, tu vas finir par être en dépression. »
« Bref, avant ça, il y a le train et j’espère ardemment qu’il ne sera pas en retard ou sujet à des trains supprimés… . »
« Je n’ai vraiment pas envie de rester debout à côté de quelqu’un qui sent mauvais. »
« Vivement que je sois directement au job, ce serait trop bien de pouvoir se téléporter. »

Le café est froid… elle boit ce qui reste cul sec et lave rapidement sa vaisselle. 

« Bon, prépare ton sac !! ».
« Respire. »

Boisson, clés, téléphone, câble d’alimentation, stylo.

« J’espère n’avoir rien oublié… . »
« Et même si tu as oublié quelque chose ce n’est pas grave. ».
« Allez, arrête de t’angoisser… tu reviens ce soir. »
« Enfin, quoique !!!! »

Et, sur une grande respiration, elle se retrouve sur le pas de porte. 
Plus possible de revenir en arrière. 

Et ça, ce n’est que le démarrage.
Le reste de la journée n’a rien à lui envier. 

Le cerveau mouline intensément du réveil au coucher. 

Juste un regard posé, pour respirer, pour souffler. — Cathy Conciatori
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Crédit photo : image générée par l’intelligence artificielle

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